Les professeurs de peinture et de dessin

L’École des Beaux-arts de Montréal compte actuellement sept professeurs Nikolaï Kupriakov, Stéphanie Brosseau, Fatima Karashaeva, Robert Pietrantonio, Raymond Mitchell, Nikolay Kanev, Robert Wiseman et professeur invité Rémi Bernard. L’EBAMA est reconnaissante aux anciens professeurs Annabella Bin Zhang, Hélène Goulet, Simon Bertrand et Daniela Zekina pour leur collaboration passée au développement de l’École.
Les professeurs, dans les disciplines dessin et peinture sont tous dédiés à l’enseignement des mêmes programmes. Leurs origines multiculturelles et la diversité de leur formation permettent cependant d’enrichir l’approche pédagogique de ces programmes.
Nikolai Kupriakov

Nikolai Kupriakov

PDG, Professeur

Ses oeuvres :

 

Fondateur de l’École des Beaux-arts de Montréal et artiste engagé, Nikolai Kupriakov œuvre au Québec depuis 1991. Ses nombreuses études en art et en architecture, ainsi que sa compétence ont contribué au fil des ans, à bâtir sa réputation.

Né en Russie en 1963, il affirme avec certitude sa volonté de devenir artiste-peintre dès son jeune âge. Par la suite, sa vie et son parcours n’ont jamais dérogé du domaine des Beaux-Arts, qui selon lui, reste l’unique pilier de l’amalgame complexe que sont devenues les diverses pratiques en arts visuels.

 

Après avoir terminé ses études à l’École des Beaux-arts de Chuguev (Ukraine) en 1979, Nikolai Kupriakov obtient en 1985 un Baccalauréat en Architecture de l’Institut Polytechnique de Irkoutsk en URSS, puis en 1990, un Baccalauréat en Enseignements des arts plastiques de l’Académie nationale des Beaux-arts de Vilnius en Lituanie. Une fois établi au Québec, il obtient en 2001 une Maîtrise en Conservation de l’environnement bâti de l’Université de Montréal.

Entre 1985 et 1990, il travaille aussi comme architecte à Vilnius et gagne deux concours d’envergure national, ce qui lui permet malgré son jeune âge de devenir membre de l’Ordre des architectes de Lituanie.

Ses travaux artistiques de l’époque sont marqués par l’idéalisme d’un étudiant avec la tête légèrement enflée par les succès relatifs dans les milieux écolier et universitaire. Certains problèmes avec les autorités du régime soviétique le poussent à développer une attitude d’intolérance pour le système autoritaire en place.

En 1991, espérant trouver une société basée sur des valeurs qui respectent la démocratie et la liberté individuelle, Nikolai Kupriakov s’installe au Canada. Ses premières années sont marquées par une lutte acharnée avec le système d’immigration canadien afin de pouvoir s’établir au Québec. Pendant huit longues années, il est privé de ses deux enfants restés coincés en Lituanie. Cette thématique devient récurrente dans ses œuvres de l’époque.

Néanmoins, l’artiste mène une vie professionnelle active dans le milieu des arts visuels. Il s’implique dans la vie associative et fait partie d’abord du conseil d’administration du Conseil de la peinture du Québec (1996-1997), et ensuite du Conseil d’administration du Regroupement des artistes en arts visuel du Québec (RAAV) de 1998 à 2003. Il pratique la peinture et participe à de nombreuses expositions au Québec et à l’étranger. Ses œuvres, d’une profondeur particulière, amènent souvent le public à réfléchir sur plusieurs aspects de la vie sociale. Certaines de ses expositions ont déjà provoqué un débat public sur le rôle de l’art dans la société.

L’ironie du sort est que c’est au Québec qu’il est le plus frappé par la censure. Plusieurs de ses œuvres de nature contestataire, qui critiquent soit l’abus de pouvoir soit les tabous, sont retirées de diverses expositions. En 2005, après avoir critiqué la discrimination et les abus dans la Politique d’intégration des arts à l‘architecture du Québec qui s’adresse aux artistes professionnels, il se voit expulsé du fichier de cette politique par le Ministère de la Culture. Toutefois, il forme un groupe d’artistes qui militent pendant des années afin d’améliorer cette politique gouvernementale et de démocratiser son application.

En parallèle avec la pratique de la peinture de chevalet, il développe systématiquement la performance comme une forme de popularisation de la peinture. Ses interventions sont spectaculaires et ne passent pas inaperçues.

Il produit de nombreuses performances comme artiste invité dans des émissions de télévision, notamment ‘’La fin du monde est à 7 h 00’’, ‘’Le Gala Artis de 2009 ’’ et plusieurs autres. En juin 2009, lors du Festival du Grand Rire à Québec, il fait une prestation avec l’Orchestre symphonique de Québec dans le Grand théâtre de Québec.

En 1999, il fonde l’École des Beaux-arts de Montréal Artus (EBAMA) qui au fil des années devient l’école phare dans le domaine de l’enseignement classique des arts visuels à Montréal. Très rapidement son école devient la plus en demande parmi les établissements d’enseignement de la peinture et du dessin. La compétence de ses professeurs ainsi que la rigueur des programmes développés par Nikolai Kupriakov ont propulsés EBAMA au niveau d’incontournable dans le domaine de la formation professionnelle en peinture.

Autant dans sa création que dans son implication dans le milieu des arts visuels, Nikolai Kupriakov reste toujours fidèle à sa philosophie des arts fondée sur la démocratie et la liberté dans ce domaine. De plus, il défend vigoureusement ses principes du respect et du pluralisme des courants esthétiques. Ceci lui coûte cher cependant.

En effet, dans le contexte d‘une lutte acharnée contre la discrimination des artistes professionnels du Québec, il produit en 2013 une œuvre contestataire où figure le portrait d’une juge de la Cour supérieure du Québec en excréments. Il est immédiatement réprimé par la police du Québec. Ainsi, sa lutte contre la discrimination se transforme en lutte pour la Liberté d‘expression. Nikolai Kupriakov se voit obligé de s’exiler pendant près de deux ans en France.

À son retour au Québec, il reprend la direction de l’École des Beaux-arts de Montréal. Ses œuvres sont désormais encore plus tranchantes et éloquentes, reflétant la position sans compromis d’un artiste en ce qui concerne la défense des droits fondamentaux de notre société.

Fatima Karaf

Fatima Karaf

Professeur

Ses oeuvres :

Née dans sud de la Russie, Fatima Karaf est une artiste peintre et professeur d’arts plastiques qui expose tant au Québec qu’à l’étranger. Attirée dès son jeune âge par la musique et le dessin, elle plonge son enfance dans l’art en général. Plus tard, le choix se fera plus précisément sur les arts visuels. La sensibilité profonde de la jeune fille touche les gens autour d’elle. On voit l’intérêt pour l’être humain tout au long de son cheminement. D’ailleurs, le portrait et les compositions avec personnages resteront toujours son genre préféré.
Après des études collégiales en enseignement des arts plastiques et du dessin technique au Collège supérieur d’enseignement de Kabardino-Balkarie (Fédération de Russie), elle entreprend des études universitaires en arts visuels à l’Université de Kabardino-Balkarie, d’où elle obtient son diplôme en 2005.
Après avoir fini ses études, elle commence à enseigner les arts plastiques et le dessin technique à l’École secondaire #6 de la ville de Nalchik (Fédération de Russie). Parallèlement, elle continue la recherche de sa démarche artistique.
Immigrée à l’âge de 30 ans, la rencontre des différentes nationalités du Québec a enrichi les traits de ses personnages et l’ambiance de sa peinture. En parallèle avec son travail d’artiste, Fatima continue à enseigner aux enfants pour transmettre ses connaissances. À la fois artiste à temps plein et professeur amoureuse de ses étudiants, la vie de Fatima Karaf est comblée par sa passion pour l’art et l’enseignement. Elle explore constamment et apprend de nouvelles techniques, lui permettant d’insuffler plus de poésie dans son expression picturale.
Quand elle peint, Fatima vise à capter l’atmosphère dégagée par l’environnement et cherche à comprendre l’humeur de la personne qu’elle représente. Elle voit l’esprit humain comme le sujet principal de son travail; il est présent partout. Il est le patrimoine culturel de ses modèles; il est présent dans l’esthétique des petits objets autour d’elle ou dans l’architecture moderne où elle vit. Pour Fatima Karaf, la peinture est un voyage spirituel, et elle peint avec amour. Parmi les souvenirs des recoins de son esprit, elle choisit le plus vif, le plus coloré. Grandir au Caucase lui a donné l’occasion merveilleuse d’absorber l’immensité des paysages, la richesse des palettes de couleurs et la spiritualité qui donnent une âme à son travail. Elle peint des portraits avec des coups de pinceau délicats, inspirés de l’impressionnisme et du réalisme du 20e siècle. Quand elle peint le corps d’une femme, elle honore la forme, la beauté des courbes, elle célèbre la séduction. Elle est toujours guidée par l’intuition et lorsqu’elle choisit le sujet de son travail, l’histoire se déroule en elle-même. La particularité de chaque personnage traduit les émotions qu’elle cherche à transmettre. Elle souhaite que ses œuvres expriment la particularité de chacun d’entre nous.
Ce qui est passionnant, c’est de montrer que, peu importe le contexte social ou le lieu d’origine, elle réfléchit et s’exprime librement à travers l’art.
Fatima a remporté le Prix 2016 de la Ville de Brossard pour sa toile « La vie est belle », qui a été acquise par la municipalité. Elle est membre du Cercle des Artistes Peintres et Sculpteurs du Québec.

Stéphanie Brosseau

Stéphanie Brosseau

Professeur, responsable des dossiers des étudiants

Ses oeuvres :

Dès sa petite enfance, Stéphanie Brosseau démontre un intérêt marqué pour les arts et la beauté. Le dessin et la peinture lui permettent de se plonger dans un univers onirique où l’imaginaire et le fantastique côtoient le réel et le quotidien. Sa visite de l’exposition pour le centenaire de la mort de Vincent Van Gogh au Rijksmuseum Van Gogh à Amsterdam en 1990 sera pour elle une révélation et marquera le début d’une véritable passion pour l’histoire de l’art.

Stéphanie dessine depuis toujours. D’abord autodidacte, elle commence sa formation artistique par quelques cours d’aquarelle dans sa jeunesse. De 2001 à 2005, elle étudie l’Histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), puis à l’Université de Montréal, d’où elle obtient un Baccalauréat spécialisé en Histoire de l’art (B.A.), avec mention d’excellence. En 2007, elle entreprend des études à la Maîtrise en Histoire de l’art à l’Université de Montréal et se voit attribuer la Bourse d’études supérieures du Canada Joseph-Armand Bombardier pour son excellence académique. En 2012, elle s’inscrit à l’École de Beaux-Arts de Montréal (EBAMA) et entreprend une formation classique en arts plastiques, peinture et dessin.

Elle explore au cours de sa vie différents genres : s’intéressant d’abord principalement à la peinture animalière et la peinture de paysage, pour ensuite se tourner vers des sujets fantastiques, empreints de symbolisme. Elle puise son inspiration tant dans son imaginaire personnel et ses nombreux voyages, que dans les contes et la mythologie. Elle s’intéresse à la spiritualité et à la beauté sous toutes ses formes.

En 2015, elle remporte le 3e prix à l’exposition-concours annuelle tenue à la galerie municipale de la ville de La Prairie (Québec).

Vegan et ardente défenseur des droits des animaux, elle milite pour l’abolition de l’exploitation animale dans toutes sphères de la vie humaine.

Robert Pietrantonio

Robert Pietrantonio

Professeur

Ses oeuvres :

Né à Montréal, Robert Pietrantonio a reçu une formation académique en art au Minnesota et à Boston. Après ses années d’études aux États-Unis, il est allé à Florence, en Italie et en France afin d’étudier les grands maîtres. Passionné de la Renaissance, Robert a pu  durant son séjour en Europe se plonger complètement dans l’univers de Michel-Ange, Leonardo da Vinci et Raphaël.

À son retour au Canada, Robert a remporté le prestigieux prix Elizabeth Greenshields, et s’est consacré à des études et recherches indépendantes. Durant cette période, il a travaillé en atelier à partir de modèles vivants, et a pu affiner sa technique et se développer en tant que dessinateur figuratif et peintre à l’huile.

Dans son travail, Robert cherche à retrouver cette manière propre aux grands maîtres de dessiner un portrait ou une figure humaine qui soit à la fois naturaliste tout en étant infusé de vie et d’expression.

Durant ses longues années d’études techniques, Robert a développé une méthode simplifiée d’enseigner le dessin classique, le rendant accessible à tous. Il croit que tous peuvent apprendre à dessiner avec justesse et beauté.

Robert considère que l’objectif principal de l’art est l’expression de l’invisible à travers un support visible. « Mon but ultime en art est de transmettre, la vie, le mouvement, la beauté et le naturalisme.

Kim Hwan

Kim Hwan

Ses oeuvres :

Né en Corée du Sud, Kim Hwan a été formé à l’Académie nationale supérieure des Beaux-arts de Saint-Pétersbourg en Russie. Après ses études, il travaille comme artiste peintre pendant 8 ans à Paris. Durant ces années, il cumule 15 expositions personnelles et 30 expositions collectives à Moscou, Saint-Pétersbourg, Paris, Chantilly, Bruxelles et Dubaï.
À son retour en Corée du Sud, il devient directeur de l’Académie d’arts plastiques du Musée de l’Île-de-France. Après son arrivée à Montréal, Kim Hwan reprend ses activités de peintre. À travers ses paysages réalistes, il présente la source de la vie à travers des objets symboliques. Il trouve important d’enseigner les rudiments de la peinture afin d’aider les élèves à trouver leur chemin. Selon les directeurs de galeries d’art parisiens, Maryse Parisot et Michel Guillet, Kim Hwan « est un artiste intimiste d’une grande sensibilité, son expression va du plus grand classicisme au plus délicat impressionnisme. » Kim Hwan enseigne aujourd’hui à l’École des Beaux-Arts de Montréal.

Raymond Mitchell

Raymond Mitchell

 

Ses oeuvres :

Originaire de l’Abitibi, Mitchell débuta ses études en art au George Williams Université pour ensuite transféré à l’original École des Beaux-Arts de Montréal rue Sherbrook d’où il a gradué en sculpture et en pédagogie artistique.

Professeur au secondaire, au CEGEP, à l’UQAM et l’UQAC Mitchell s’est vite fait connaitre comme membre actif de l’Association des Sculpteurs. Le plus jeune participant au deuxième symposium provincial d’Alma il fut au centre d’un conflit pour le respect des œuvres et des artistes ce qui mena à une loi du droit d’auteur confirmant la paternité des œuvres à l’auteur.

Dès sa sortie des Beaux- Arts, il acceptait avec réserve la sculpture en tant qu’objet d’art esthétique et se refusait à élaborer une recherche plastique axée sur l’art pour l’art. Ce besoin d’allier l’utile au beau le mena à tenter diverses expériences, comme celle de d’intégrer une articulation à l’intérieur d’une sculpture ou, encore, celle de fabriquer des ‘multiples’ par des moyen de reproduction industrielle pour, en dernier ressort, s’intéresser d’avantage à l’aspect fonctionnel des objets. Aujourd’hui il porte les deux chapeaux de sculpteur & designer pour crée des accessoires pour personne à mobilité réduite.

Raymond Mitchell participa à plusieurs expositions collectives à travers le Québec et l’Ontario ainsi au Musée Rodin de Paris. Lauréat de la province de Québec à deux occasions, ses scuptures font partie des collections de la compagnie Seagrams, de la Ville d’Alma et du Musée de Québec.

Dans le cadre de la politique du 1%, il réalisa la sculpture en aluminium intitulée ‘’Égalité ??? devant le palais de justice d’Amos.

Jung Won Lim

Jung Won Lim

Professeur

Ses oeuvres :

Née en Corée du Sud, Jung Won Lim apprend depuis son enfance la peinture extrême-orientale et la calligraphie de son grand-père, qui est directeur d’un institut de calligraphie. Après avoir obtenu son diplôme de l’Université des Beaux-arts en Corée du Sud, elle s’installe à Paris pendant 9 ans, où elle obtient sa maîtrise et son master en arts plastiques de l’Université Paris1 Panthéon-Sorbonne. Lors de son séjour dans la ville lumière, Joanne réalise 13 expositions personnelles d’art (galeries d’art, musées et mairies), où elle franchit la frontière entre la peinture occidentale et la peinture orientale à travers son œuvre. Après avoir complété son Master 2 à la même université, elle enseigne la peinture au Centre Culturel de Paris et donne des conférences à l’École des Beaux-arts de  Versailles.

Durant cette période, elle travaille ses œuvres d’arts plastiques pour trouver la réponse à la question suivante : « Comment peut-on réaliser les œuvres artistiques entre deux frontières de l’art, soit la calligraphie orientale et la peinture occidentale? » Il faut chercher sans cesse de nouvelles ouvertures. Selon Nathalie Reymond, Joanne « peint avec finesse, élégance et émotion, de multiples déclarations d’amour à la peinture -un trait du cœur encore- pour les offrir à nos regards sous forme de tableaux. »

Après son retour en Corée du Sud, Jung Won décide de développer des programmes éducatifs artistiques basés sur l’histoire de l’art, suite à la naissance de ses enfants. Elle fonde l’Académie d’arts plastiques du Musée de l’Île-de-France en 2011 et enseigne les arts plastiques dans les écoles primaires et à l’Académie d’art du Musée national de Corée. Enfin, Joanne a également publié plusieurs ouvrages d’enseignement des arts plastiques et de l’histoire de l’art destinés aux enfants et adolescents.

Aujourd’hui, Jung Won Lim réside à Montréal et partage sa passion artistique avec les étudiants de l’École des Beaux-Arts de Montréal.